Parution

Au tout début du XIXe siècle, le roman épistolaire sentimental au féminin peut être considéré comme une sorte de chaînon manquant dans l’histoire du roman russe. C’est sans doute aussi l’un des premiers espaces romanesques où les femmes font entendre leur voix sur les rapports entre le masculin et le féminin, mais aussi entre le féminin et le féminin, avec entre autres les rapports mère/fille qui sont généralement peu représentés dans les romans russes rédigés par les hommes. Le roman de Natalia Golovkina pose des questions cruciales pour les relations intersexes, cruciales également pour notre monde contemporain : celles du consentement, de l’abus (sexuel ou psychologique) et du sacrifice. En ce sens, Elisabeth de S*** pourrait être envisagé comme un vade-mecum des relations genrées dans les milieux mondains russes et européens à la fin du XVIIIe siècle.
Le texte de Golovkina est précédé d’une préface de Catherine Géry et d’un essai biographique de Galina Subbotina.